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Александр Сергеевич Пушкин. (544)

В ЗРЕЛОЙ СЛОВЕСНОСТИ ПРИХОДИТ ВРЕМЯ... В зрелой словесности приходит время, когда умы, наскуча однообразными произведениями искусства, ограниченным кругом языка условленного, избранного, обращаются к свежим вымыслам народным и к странному просторечию, сначала презренному. Так некогда во Франции blases, светские люди, восхищались музою Ваде, так ныне Wordsworth, Coleridge увлекли за собою мнения многих. Но Ваде не имел ни воображения, ни поэтического чувства, его остроумные произведения дышат одною веселостию, выраженной площадным языком торговок и носильщиков. Произведения английских поэтов, напротив, исполнены глубоких чувств и поэтических мыслей, выраженных языком честного простолюдима. У нас это время, слава богу, еще не приспело, так называемый язык богов так еще для нас нов, что мы называем поэтом всякого, кто может написать десяток ямбических стихов с рифмами. Мы не только еще не подумали приблизить поэтический слог к благородной простоте, но и прозе стараемся придать напыщенность, поэзию же, освобожденную от условных украшений стихотворства, мы еще не понимаем. Опыты Жуковского и Катенина были неудачны не сами по себе, но по действию, ими произведенному. Мало, весьма мало людей поняли достоинство переводов из Гебеля, и еще менее силу и оригинальность "Убийцы", баллады, которая может стать наряду с лучшими произведениями Бюргера и Саувея. Обращение убийцы к месяцу, единственному свидетелю его злодеяния, Гляди, глядя, плешивый - стих, исполненный истинно трагической силы, показался только смешон людям легкомысленным, не рассуждающим, что иногда ужас выражается смехом. Сцена тени в "Гамлете" вся писана шутливым слогом, даже низким, но волос становится дыбом от Гамлетовых шуток. ТОРВАЛЬДСЕН, ДЕЛАЯ БЮСТ ИЗВЕСТНОГО ЧЕЛОВЕКА... Торвальдсен, делая бюст известного человека, удивлялся странному разделению лица, впрочем прекрасного - верх нахмуренный, грозный, низ же, выражающий всегдашнюю улыбку. Это не нравилось Торвальдсену: Questa e una bruta figura. {1} ПИСЬМО О "БОРИСЕ ГОДУНОВЕ" Voici ma tragedie puisque vous la voulez absolument, mais avant que de la lire j'exige que vous parcouriez le dernier tome de Karamzine. Elle est remplie de bonnes plaisanteries et d'allusions fines a l'histoire de ce temps-la comme nos sous-ouvres de Kiov et de Kamenka. Il faut les comprendre sine qua non. A l'exemple de Shakespeare je me suis borne a d evelopper une epoque et des personnages historiques sans rechercher les effets theatrals, le pathetique romanesque etc... Le style en est melange. - Il est trivial et bas la ou j'ai ete oblige de faire intervenir des personnages vulgaires et grossiers - quand aux grosses indecences, n'y faites pas attention: cela a et e ecrit au courant de la plume, et disparaitra a la premiere copie. Une tragedie sans amour souriait a mon imagination. Mais outre que l'amour entrait beaucoup dans le caractere romanesque et passionne de mon aventurier, j'ai rendu Дмитрий amoureux de Marina pour mieux faire ressortir l'etrange caractere de cette derniere. Il n'est encore qu'esquisse dans Karamzine. Mais certes c' etait une drole de jolie femme. Elle n'a eu qu'une passion et ce fut l'ambition, mais a un degre d'energie, de rage qu'on a peine a se figurer. Apres avoir gout e de la royaute, voyez-la, ivre d'une chimere, se prostituer d'aventuriers en aventuriers - partager tantot le lit d egoutant d'un juif, tantot la tente d'un cosaque, toujours prete a se livrer a quiconque peut lui pr esenter la faible esperance d'un trone qui n'existait plus. Voyez-la braver la guerre, la misere, la honte, en meme temps traiter avec le roi de Pologne de couronne a couronne et finir miserablement l'existence la plus orageuse et la plus extraordinaire. Je n'ai qu'une scene pour elle, mais j'y reviendrai si Dieu me prete vie. Elle me trouble comme une passion. Elle est horriblement polonaise comme le disait la cousine de M-me Lubomirska. Гаврила Пушкин est un de mes ancetres, je l'ai peint tel que je l'ai trouve dans l'histoire et dans les papiers de ma famille. Il a eu de grands talents, homme de guerre, homme de cour, homme de conspiration surtout. C'est lui et Плещеев qui ont assure le succ es du Самозванец par une audace inouie. Apres je l'ai retrouve a Moscou l'un des 7 chefs qui la d efendaient en 1612, puis en 1616 dans la Дума siegeant a cote de Козьма Minine, puis воевода a Нижний, puis parmi les deputes qui couronnerent Romanof, puis ambassadeur. Il a ete tout, meme incendiaire comme le prouve une rpaмота que j'ai trouvee a Погорелое Городище - ville qu'il fit bruler (pour la punir de je ne sais quoi) a la mode des proconsuls de la Convention Nationale. Je compte revenir aussi sur Шуйский. Il montre dans l'histoire un singulier melange d'audace, de souplesse et de force de caract ere. Valet de Godounof il est un des premiers boyards a passer du cote de Дмитрий. Il est le premier qui conspire et c'est lui-meme, notez cela, qui se charge de retirer les marrons du feu, c'est lui meme qui vocifere, qui accuse, qui de chef devient enfant perdu. Il est pret a perdre la t ete, Дмитрий lui fait grace deja sur l' echafaud, il l'exile et avec cette generosit e etourdie qui caracterisait cet aimable aventurier il le rappelle a sa cour, il le comble de biens et d'honneurs. Que fait Шуйский qui avait frise de si pres la hache et le billot? Il n'a rien de plus presse que de conspirer de nouveau, de reussir, de se faire elire tsar, de tomber et de garder dans sa chute plus de dignite et de force d'ame qu'il n'en eut pendant toute sa vie. Il y a beaucoup du Henri IV dans Дмитрий. Il est comme lui brave, g enereux et gascon, comme lui indifferent a la religion - tous deux abjurant leur foi pour cause politique, tous deux aimant les plaisirs et la guerre, tous deux se donnant dans des projets chimeriques - tous deux en butte aux conspirations... Mais Henri IV n'a pas a se reprocher Ксения - il est vrai que cette horrible accusation n'est pas prouvee et quant a moi je me fais une religion de ne pas y croire. Грибоедов a critique le personnage de Job; le patriarche, il est vrai, etait un homme de beaucoup d'esprit, j'en ai fait un sot par distraction. En ecrivant ma Годунов j'ai reflechi sur la trag edie, et si je me melais de faire une preface, je ferais du scandale. C'est peut-etre le genre le plus m econnu. On a tache d'en baser les lois sur la vraisemblance, et c'est justement elle qu'exclut la nature du drame; sans parler deja du temps, des lieux etc., quel diable de vraisemblance y a-t-il dans une salle coupee en deux dont l'une est occupee par 2000 personnes, sensees n'etre pas vues par celles qui sont sur les planches? 2) La langue. Par exemple le Philoctete de la Harpe dit en bon francais apres avoir entendu une tirade de Pyrrhus: H elas j'entends les doux sons de la langue grecque. Tout cela n'est-il pas d'une invraisemblance de convention? Les vrais g enies de la tragedie ne se sont jamais soucies d'une autre vraisemblance que celle des caracteres et des situations. Voyez comme Corneille a bravement mene le Cid: ha, vous voulez la regle de 24 heures? Soit. Et la-dessus il vous entasse des evenements pour 4 mois. Rien de plus ridicule que les petits changements des regles recues. Alfieri est profondement frappe du ridicule de l'apart e, il le supprime et la-dessus allonge le monologue. Quelle puerilite! Ma lettre est bien plus longue que je ne l'avais voulu faire. Gardez-la, je vous prie, car j'en aurai besoin si le diable me tente de faire une preface. 30 jan. 1829, S.-Pb. {1}
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